Je m'engouffre sous le porche, la cour et grimpe l'escalier en colimaçon, jusqu'au palier indiqué débouchant sur un genre de hall avec en son centre un puits de lumière et un trou énorme par lequel d'un étage à l'autre des personnes s'interpellent. J'avise un passant affairé et lui demande le bureau de Giffron.
4° porte à droite, je toque et entre en réponse à la voix peu amène qui m'y invite. Dans le bureau mansardé, encombré de meubles et exigu, affalé sur une vieille chaise brinquebalante mon hôte m'interpelle tout de go, même pas le temps de respirer :

»Va falloir m'expliquer ce que vous faisiez dans cette allée.. ? ».
Je lui ré explique les événements de la veille, faut croire qu'il est lourdingue que je me dis. Pendant que je parlais, l'homme ne semblait même pas m'écouter, « pas étonnant ». Arrivé à la trilitère phrase « l'étoile polaire », je le devance et déclame : « comme c'est bizarre ». A cette évocation, pour la première fois il dirige son œil torve vers moi, j'en frissonne encore :

« Pas si bizarre que cela » jette t'il énigmatique.
J'objective : « Pourquoi.. ? » Il s'éclaircit la voix et me jette en pâture :

»l'Etoile Polaire » c'est un bar de Marseille où il y a eu un massacre la semaine dernière ».
Je pousse mon avantage : « Une fusillade ». Son œil se plonge à nouveau en moi :

»Non, un vrai cannibalisme, mais passons vous trouverez tout cela dans les journaux je ne suis pas Fogiel.. !»
Là, je compris qu'il ne fallait pas en rajouter, je coulais mon regard vers le plancher à la recherche du moindre cafard et lui s'affala un peu plus sur sa chaise le regard dans le vague un peu comme Sherlock Holmes dans le chien des Baskerville... Le silence dura, interminable, enfin après un toussotement :

« Bonne journée...Au revoir »
Vous dîtes..?